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Ukraine Washington réclame une désescalade « vérifiable » à Moscou

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PHOTO ALEX BRANDON, ASSOCIATED PRESS

Une attaque russe reste « tout à fait possible », mais il faut « donner toutes ses chances à la diplomatie », a dit le président américain.

(Washington) Les États-Unis ont demandé mardi une désescalade « vérifiable » à Moscou après l’annonce d’un retrait partiel des forces russes déployées autour de l’Ukraine, qui font craindre depuis des semaines une invasion et une guerre d’ampleur.

À la Maison-Blanche, Joe Biden a réitéré que toute incursion russe en Ukraine signifierait l’application de sanctions très sévères pour la Russie, qui « sont prêtes ».

Ces mesures « puissantes » mettront notamment « la pression sur leurs institutions financières les plus grandes et importantes et sur des industries-clés », a ajouté le président des États-Unis, réaffirmant aussi que le gazoduc controversé Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne n’entrerait jamais en activité en cas d’attaque russe.

Il s’est aussi dit « prêt à répondre » à toute « attaque asymétrique » contre les États-Unis ou leurs alliés de l’OTAN, ce qui peut notamment inclure des cyberattaques.

Mais les « États-Unis restent ouverts à des échanges diplomatiques à haut niveau en étroite coordination avec nos alliés », selon la Maison-Blanche.

Troupes russes « toujours menaçantes »

Une attaque russe reste « tout à fait possible », mais il faut « donner toutes ses chances à la diplomatie », a dit le président américain.

PHOTO ALEX BRANDON, ASSOCIATED PRESS

Une attaque russe reste « tout à fait possible », mais il faut « donner toutes ses chances à la diplomatie », a dit le président américain.

Un début de retrait des soldats russes à la frontière ukrainienne évoqué mardi par Moscou « serait positif » mais « nous n’avons pas vérifié à ce stade » sa mise en œuvre, a-t-il ajouté, affirmant au contraire que ces troupes, évaluées désormais à « plus de 150 000 », demeuraient dans « une position menaçante ».

Plus tôt mardi, le ministère russe de la Défense avait annoncé, avant une rencontre à Moscou entre le chancelier allemand Olaf Scholz et Vladimir Poutine, qu’une partie des 100 000 hommes déployés aux frontières ukrainiennes retournaient dès mardi en garnison, diffusant à cet effet des images de blindés chargés sur un train.

Le président russe a confirmé ce « retrait partiel ». La Russie poursuit cependant d’importantes manœuvres en Biélorussie, voisin prorusse de l’Ukraine, jusqu’au 20 février.

Les présidents français Emmanuel Macron et américain Joe Biden ont qualifié cette annonce de « premier signal positif », lors d’un entretien téléphonique, tout en convenant de la nécessité de « vérifier » ce début de retrait, selon Paris. « Les paroles, c’est bien. Nous attendons les actes », a noté le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

« Dialogue pragmatique »

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a lui aussi demandé mardi à son homologue russe Sergueï Lavrov une « désescalade vérifiable, crédible et significative » tout en soulignant qu’il reste possible de « résoudre la crise pacifiquement ».

Il a souligné que « toute nouvelle agression russe contre l’Ukraine engendrerait une riposte transatlantique rapide, sévère et unie », a indiqué le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price après un nouvel appel téléphonique entre les deux ministres.

« Un véritable retrait serait le bienvenu, mais nous n’avons pas encore vérifié que c’est bien le cas », a indiqué un responsable du département d’État ayant requis l’anonymat.

Selon la Russie, M. Lavrov a appelé son homologue américain à un « dialogue pragmatique ».

A Moscou, le chancelier allemand qui rencontrait au Kremlin le président russe Vladimir Poutine a salué dans l’annonce de ce retrait partiel « un bon signe », et estimé qu’il y avait « suffisamment de bases de discussion » avec la Russie « pour que les choses évoluent positivement ».

Vladimir Poutine a pour sa part assuré que « bien sûr » il ne voulait pas d’une guerre, tout en martelant que l’expansion de l’OTAN et les ambitions de l’Ukraine de rejoindre l’Alliance constituaient une menace pour la Russie.

MM. Poutine et Scholz ont assuré vouloir un processus de négociations sur les questions de sécurité en Europe.  

Compromis ?

Les Occidentaux et Moscou doivent trouver un compromis « sans abandonner leurs principes », a relevé M. Scholz.  

« Nous sommes prêts à aller sur le chemin de la négociation », a dit le maître du Kremlin.  

PHOTO MIKHAÏL KLIMENTYEV, AGENCE SPOUTNIK, VIA ASSOCIATED PRESS

La présidence russe a diffusé cette photo du rapprochement germano-russe. Le président Vladimir a encore eu recours à la longue table durant sa rencontre avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

Il a cependant dénoncé le rejet par les Occidentaux de ses principales exigences, à savoir la fin de la politique d’élargissement de l’Alliance, l’engagement à ne pas déployer d’armes offensives à proximité du territoire russe et le retrait d’infrastructures de l’OTAN d’Europe de l’Est.

Les Occidentaux ont proposé en échange des pourparlers sur des sujets comme le contrôle des armements, les visites d’installations sensibles ou des discussions sur les craintes russes en matière de sécurité.

Pour M. Poutine, ces questions et ses exigences doivent faire partie d’un même « ensemble » de négociations.  

Dans la soirée, l’Ukraine a annoncé que des sites internet du ministère de la Défense et ceux de deux banques publiques avaient été visés par une cyberattaque, les autorités ukrainiennes pointant du doigt « l’agresseur », une expression généralement employée pour désigner la Russie.

Une attaque informatique d’ampleur visant les infrastructures stratégiques ukrainiennes afin de désorganiser les autorités est un des scénarios évoqués comme pouvant être le signe avant-coureur d’une offensive militaire classique.

« Hystérie sans fondement »

Les États-Unis affirment que la Russie a déployé plus de 150 000 militaires à la frontière ukrainienne et qu’elle peut lancer une invasion d’un jour à l’autre si elle le décide. Moscou dément en avoir l’intention, mais demande notamment la garantie que l’Ukraine n’adhérera pas à l’OTAN.

Le Parlement russe a demandé à M. Poutine de reconnaître l’indépendance des territoires sécessionnistes dans l’est de l’Ukraine.  

« Cette reconnaissance serait une claire violation des accords de Minsk », signés sous médiation franco-allemande et prévoyant à terme le retour de ces territoires sous le contrôle de Kiev, a aussitôt averti le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Kiev a salué l’union de l’Ukraine et de ses alliés occidentaux qui a « empêché toute nouvelle escalade de la part de la Russie ».

Lundi, les États-Unis, jugeant toujours le risque à son maximum, avaient abandonné leur ambassade à Kiev pour l’installer à Lviv, plus à l’ouest.

Des dizaines de pays ont exhorté leurs ressortissants à partir d’Ukraine, en dépit d’appels du président ukrainien Volodymyr Zelensky à garder le calme.

Le porte-parole du Kremlin a lui dénoncé une « hystérie sans fondement ».

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Commission du 6-Janvier Les preuves qui pourraient incriminer Trump

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Photo DREW ANGERER, archives REUTERS

Audience de la commission du 6-Janvier, à Washington, le 16 juin

(New York) En tant qu’ancienne procureure des États-Unis au Michigan, Barbara McQuade connaît bien les rouages de la justice américaine, et notamment le département qui sera appelé à inculper ou non Donald Trump pour son rôle dans ce que la commission du 6-Janvier a qualifié de « tentative de coup d’État ». La Presse s’est entretenue avec celle qui est aujourd’hui professeure de droit à l’Université du Michigan, pour recueillir ses impressions sur les premières auditions de la Commission.

Q : Les membres de la commission du 6-Janvier semblent déterminés à convaincre le département de la Justice américain de déposer des accusations criminelles contre Donald Trump. Comment s’en tirent-ils ?

R : Ils n’ont pas encore terminé, bien sûr, mais jusqu’à présent, je pense qu’ils ont présenté un dossier convaincant. Évidemment, lorsque vous poursuivez une affaire criminelle, elle doit être prouvée au-delà de tout doute raisonnable devant un jury unanime. C’est un fardeau plus lourd.

Cependant, je pense qu’ils ont fait un excellent travail en présentant des preuves de l’intention criminelle de Donald Trump, c’est-à-dire qu’il savait que ce qu’il disait était un mensonge. Il savait qu’il avait perdu l’élection, mais il a persisté à dire aux gens que l’élection avait été volée. J’ai trouvé que l’audition de lundi dernier avait fait un excellent travail en montrant des conseillers loyaux et dignes de confiance qui lui ont dit qu’il avait perdu l’élection. Ce que [l’ancien procureur général des États-Unis] William Barr avait à dire était plus exhaustif et dévastateur que ce à quoi je m’attendais.

Q : Quels sont les chefs d’accusation qui pourraient être retenus contre Trump ?

R : Je pense qu’il y a trois possibilités. Le premier chef d’accusation reprocherait à Trump d’avoir participé à un complot visant à entraver une procédure officielle, en l’occurrence la certification de l’élection présidentielle de 2020 par le Congrès, le 6 janvier 2021.

La façon la plus simple de prouver cette accusation est l’effort pour convaincre Mike Pence de ne pas certifier l’élection. Trump a exercé des pressions auprès du vice-président pour qu’il refuse d’accomplir le travail qu’il était censé faire en vertu de la loi et de la Constitution. Et il a fondé sa demande sur un mensonge.

Cela suffirait à montrer que son état d’esprit était corrompu et fautif et qu’il a fait quelque chose pour tenter d’empêcher le fonctionnement légal du gouvernement. Trump pourrait aussi être accusé de complot en vue de frauder le gouvernement des États-Unis.

Q : Qu’est-ce que c’est ?

R : C’est une accusation qui pourrait être fondée sur les mêmes preuves que la première. Trump a fait pression sur Pence afin qu’il refuse de certifier l’élection en sachant qu’il le faisait sur la base d’un mensonge.

Mais cela pourrait aussi englober un comportement plus large, comme demander aux États de soumettre des listes alternatives de grands électeurs sur la base d’un mensonge, essayer de persuader le public américain que les machines à voter de la société Dominion faisaient basculer des votes de Trump vers Biden, exercer des pressions sur [le secrétaire d’État de la Géorgie] Brad Raffensperger pour qu’il « trouve » 11 780 votes.

Enfin, Trump pourrait également être inculpé pour complot séditieux, ce dont ont déjà été accusés des membres des Proud Boys et des Oath Keepers. Il faudrait prouver que Trump s’est mis d’accord avec au moins une autre personne pour utiliser la force afin d’empêcher la certification des votes le 6 janvier 2021. Jusqu’à maintenant, je ne pense pas que nous ayons de preuves montrant que Trump était lié à ces groupes, mais ça pourrait venir.

Q : Croyez-vous que l’inculpation de Donald Trump soit souhaitable ?

R : C’est une décision très difficile. D’un côté, cela créerait un précédent dangereux. Voulons-nous être le genre de pays où chaque président envisage d’engager des poursuites pénales contre son prédécesseur ?

D’un autre côté, s’ils ont suffisamment de preuves pour démontrer que Donald Trump a essayé de subvertir notre démocratie, je pense que c’est tellement grave que cela ne peut pas rester sans réponse.

Il me semble que lorsque vous mettez ces deux choses sur une balance, vous ne pouvez tout simplement pas ignorer le comportement néfaste. L’une des raisons pour lesquelles nous poursuivons les criminels est de décourager ce comportement. Et je pense que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour tenir les gens responsables afin de décourager ce comportement à l’avenir.

Q : Avez-vous des raisons de douter que le procureur général des États-Unis, Merrick Garland, a ce qu’il faut pour prendre la bonne décision ?

R : Je n’ai aucune raison d’en douter. En fait, je pense qu’il se comporte bien, car s’il dépose des accusations criminelles, ce sera d’autant plus dévastateur qu’il aura suivi les règles, qu’il se sera maintenu au-dessus de la mêlée et qu’il n’aura pas fait de commentaires publics jusqu’à ce que les accusations soient déposées.

Un témoin très attendu

Le 2 janvier 2021, Donald Trump a appelé le secrétaire d’État de la Géorgie, Brad Raffensperger, responsable de l’organisation des élections dans cet État, pour lui demander de lui « trouver 11 780 voix », soit un nombre suffisant pour battre Joe Biden dans le Peach State.

Raffensperger n’a pas seulement résisté à la pression du président, il a enregistré la conversation. Et il témoignera mardi devant la commission du 6-Janvier sur cet appel qui a déjà incité la procureure du comté de Fulton, en Géorgie, à ouvrir une enquête criminelle sur Trump et des membres de son entourage.

Raffensperger sera accompagné de son bras droit, Gabriel Sterling, qui a également fait l’objet de pressions et de menaces formulées par des alliés et partisans de l’ancien président après l’élection présidentielle de 2020.

Agence France-Presse

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Guerre en Ukraine, jour 116 Les attaques russes repoussées selon Kyiv, mais l’OTAN prévoit un conflit long

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Photo ALEXANDER ERMOCHENKO, REUTERS

Un marché local poursuit ses activités près d’un édifice détruit à Donetsk, en Ukraine.

(Kyiv) L’armée ukrainienne a affirmé dimanche avoir repoussé des attaques russes près de Sievierodonetsk, dans l’est du pays, théâtre de combats sanglants dans une guerre qui pourrait durer « des années » selon l’OTAN.

« Nos unités ont repoussé l’assaut dans la région de Tochkivka », a déclaré l’armée ukrainienne sur Facebook. « L’ennemi a battu en retraite et se regroupe ».

Le gouverneur local, Serguiï Gaïdaï, a qualifié de « mensonges » l’idée selon laquelle les Russes contrôlaient la localité stratégique de Sievierodonetsk. « En effet, ils contrôlent la majorité de la ville, mais ils ne la contrôlent pas entièrement », a-t-il déclaré sur Telegram.

De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé dimanche que « l’offensive contre Sievierodonetsk se déroule avec succès ». « Des unités de la milice populaire de la République populaire de Louhansk, soutenues par les forces armées russes, ont libéré la localité de Metolkine », au sud-est de Sievierodonetsk.

Le ministère russe également affirmé avoir frappé une usine de Mykolaïv (sud) avec des missiles de croisière, et détruit « dix obusiers de 155 mm M777 et jusqu’à une vingtaine de véhicules blindés fournis au régime de Kyiv par l’Occident au cours de ces dix derniers jours ». Des affirmations impossibles à vérifier de source indépendante.

Alors que l’Ukraine affiche sa détermination à combattre jusqu’au bout, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a averti que les pays occidentaux devaient être prêts à offrir un soutien à long terme à Kyiv pendant une guerre acharnée.

Photo YVES HERMAN, REUTERS

« Nous ne devons pas faiblir dans le soutien à l’Ukraine, même si les coûts sont élevés, pas seulement en ce qui concerne le soutien militaire, mais aussi en raison des prix de l’énergie et de l’alimentation qui montent », a dit le chef de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

La guerre pourrait durer « des années », a-t-il mis en garde dans une interview publiée dimanche par le quotidien allemand Bild, en exhortant les pays occidentaux à inscrire leur soutien à Kyiv dans la durée.

« Nous ne devons pas faiblir dans le soutien à l’Ukraine, même si les coûts sont élevés, pas seulement en ce qui concerne le soutien militaire, mais aussi en raison des prix de l’énergie et de l’alimentation qui montent », a dit le chef de l’OTAN.

« Tout reprendre »

Les forces russes concentrent leur puissance de feu sur l’est et le sud de l’Ukraine ces dernières semaines depuis l’échec de leur tentative de prendre la capitale Kyiv après l’invasion éclair du 24 février.

« Les pertes sont importantes. De nombreuses maisons ont été détruites, la logistique civile a été perturbée, il y a de nombreux problèmes sociaux », a concédé Volodymyr Zelensky, qui s’est rendu sur le front sud samedi. Il a assuré dimanche que ses troupes avaient conservé le moral et « qu’aucun ne doute » de la victoire.

Durant cette rare visite en dehors de Kyiv, où il s’est barricadé au début du conflit quand la capitale était menacée par l’armée russe, M. Zelensky s’est déplacé dans la ville de Mykolaïv près de la mer Noire, rendant visite aux troupes stationnées à proximité et dans la région voisine d’Odessa.

« Nous ne donnerons le Sud à personne, nous allons tout reprendre, et la mer sera ukrainienne, elle sera sûre », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Telegram alors qu’il rentrait à Kyiv.

« Envie de vivre »

« Nous allons définitivement reconstruire tout ce qui a été détruit. La Russie n’a pas autant de missiles que notre peuple a envie de vivre », a-t-il ajouté.

M. Zelensky a remercié les soldats, qui contiennent la poussée des troupes russes, soutenues à l’est depuis la Crimée annexée, pour leur « service héroïque ».  

Photo fournie par l’agence de presse présidentielle russe, via Agence France-Presse

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d’une visite dans le sud du pays, à Mykolaïv.

« Tant que vous êtes vivants, il y a un mur ukrainien solide qui protège notre pays », leur a-t-il dit.

Une vidéo, diffusée par la présidence, l’a montré à Mykolaïv avec le gouverneur local, Vitaliy Kim, devant la façade béante du siège de l’administration régionale, touché par une frappe russe en mars qui avait fait 37 morts.  

Cette ville portuaire et industrielle de près d’un demi-million d’habitants avant la guerre est toujours sous contrôle ukrainien, mais elle est proche de la région de Kherson, presque entièrement occupée par les Russes. Une frappe russe y a fait deux morts et 20 blessés vendredi.

Elle reste une cible de Moscou, car elle se trouve sur la route d’Odessa, le plus grand port d’Ukraine, à 130 km au sud-ouest près de la Moldavie, lui aussi toujours sous contrôle ukrainien et au centre des discussions sur l’exportation bloquée des millions de tonnes de céréales ukrainiennes.

La Russie, qui contrôle cette zone de la mer Noire malgré les tirs de missiles ukrainiens contre ses navires, explique que les eaux sont minées.

À Odessa, les habitants tentent de participer à l’effort de guerre comme ils le peuvent. « Tous les jours, y compris le week-end, je viens confectionner des filets de camouflage pour l’armée », raconte Natalia Pinchenkova, 49 ans.

À Mykolaïv, des soldats ukrainiens essayent tant bien que mal de maintenir leurs routines d’avant-guerre, l’un d’eux affirmant qu’il n’abandonnerait pas son régime végane alors qu’il est en première ligne du front.  

Oleksandr Zhuhan a déclaré avoir reçu un colis d’un réseau de volontaires pour maintenir son alimentation. « Il y avait du pâté et des saucisses véganes, du houmous, du lait de soja […] et tout ça gratuitement », s’est réjoui le professeur de théâtre de 37 ans.

« Se préparer au pire »

Dans la région du Donbass (est), des combats acharnés font notamment rage près de Sievierodonetsk, partiellement contrôlée par des séparatistes prorusses depuis 2014 et dont la Russie, après avoir échoué à prendre Kyiv dans les premières semaines de son offensive, s’est fixé pour objectif de prendre le contrôle total.

« Une expression dit : il faut se préparer au pire et le meilleur viendra de lui-même », a déclaré samedi dans un entretien à l’AFP Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk, qui abrite notamment les villes de Sievierodonetsk et Lyssytchansk.

« Bien sûr qu’il faut qu’on se prépare », a ajouté celui qui a plusieurs fois prévenu que les Russes finiraient par encercler Lyssytchansk en coupant ses principales routes d’approvisionnement.

À Lyssytchansk « la situation est difficile, dans la ville et dans toute la région », a-t-il souligné, car les Russes « bombardent nos positions 24 heures sur 24 ».

Se passer du gaz de Poutine

Enfin, sur le front du gaz, dont la Russie a réduit cette semaine massivement le flux vers l’Europe occidentale, l’Allemagne, première visée, a annoncé dimanche prendre des mesures pour revenir vers davantage de charbon, une énergie polluante qu’elle avait prévu d’abandonner d’ici 2030.

« C’est amer, mais (le recours au charbon) est indispensable pour réduire la consommation de gaz », a déclaré le ministre écologiste de l’Économie et du Climat Robert Habeck.

« Il ne faut pas se faire d’illusion, nous sommes dans une épreuve de force avec Poutine », a-t-il ajouté.

Quant au groupe italien ENI, également très dépendant des livraisons de Moscou, le Qatar a annoncé dimanche qu’il rejoignait le français TotalEnergies dans le projet North Field East (NFE) qui vise à augmenter de 60 % la production de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays du Golfe d’ici 2027.

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Royaume-Uni L’immigrante anti-migrants

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Photo Martial Trezzini, archives Associated Press

La ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni, Priti Patel

Elle veut déporter les demandeurs d’asile du Royaume-Uni… vers le Rwanda. Et non, ce n’est pas sa première idée délirante.

Elle ? Mais qui est-elle ?

Jamais entendu parler de Priti Patel ? À 50 ans, cette ultraconservatrice aux positions inflexibles est pourtant bien connue au Royaume-Uni, où elle est membre du cabinet de Boris Johnson et ministre de l’Intérieur (Home Office) depuis 2019. C’est elle qui est responsable de la sécurité nationale, du contre-terrorisme et surtout, surtout, de l’immigration.

Pourquoi « surtout » ?

Priti Patel est obsédée par les migrants qui traversent la Manche pour demander l’asile en Angleterre. Ils auraient été plus de 10 000 à risquer leur vie depuis le début de l’année, sur des bateaux de fortune, en partant de Calais, en France. Pour cette « brexiteuse » radicale, qui souhaiterait ramener ce chiffre à près de zéro, c’est un échec.

Y a-t-il une raison pour qu’on parle d’elle ?

Absolument. Son dernier projet de loi, visant à dissuader les clandestins de tenter leur chance, a créé un tollé cette semaine. Elle veut les déporter vers le Rwanda, à 6000 km du Royaume-Uni, en échange d’une compensation financière versée à Kigali ! Un premier avion devait partir mercredi soir avec une dizaine de jeunes hommes à bord : des Iraniens, des Albanais, des Syriens, des Irakiens… Une intervention de la Cour européenne des droits de l’homme a fait capoter le plan à la dernière minute.

Photo JESSICA TAYLOR, archives Agence France-Presse

La ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni, Priti Patel, au parlement britanique.

Mais c’est du délire !

Le pire, c’est que ce n’est pas sa première tentative. Il y a deux ans, son plan était d’envoyer les migrants sur l’île britannique d’Ascension (en plein milieu de l’océan Atlantique) ainsi qu’à l’île Sainte-Hélène (au large de l’Angola). Pour l’anecdote, c’est là que Napoléon est mort en exil…

Merci pour l’anecdote. Il y a autre chose ?

Et comment ! Selon ce qu’a rapporté le Financial Times en 2020, Mme Patel aurait envisagé d’autres stratagèmes démentiels pour empêcher les migrants de rejoindre les côtes anglaises. Il a été question de les parquer sur des traversiers désaffectés et des plateformes pétrolières abandonnées. D’attacher des centaines de bateaux sur la Manche pour créer des barricades. De mettre divers obstacles dans l’eau. De les attraper avec des motomarines et, tenez-vous bien, de construire des machines à vagues géantes pour les refouler sur les plages françaises !

Nous sommes incrédules. Et pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?

Apparemment pour des raisons de sécurité.

Mais attendez. Cette Priti Patel n’est pas elle-même une immigrante ?

Oui. Enfin, non. Elle est née à Londres. Mais ses parents, d’origine indienne, ont fui l’Ouganda d’Amin Dada dans les années 1970. C’est là toute l’ironie, relève Christopher Stafford, professeur de politique à l’Université de Nottingham. « Elle encourage le sentiment anti-immigrant et a même introduit des lois sur l’immigration qui auraient empêché ses propres parents d’entrer au Royaume-Uni ! »

Mais enfin, comment est-elle perçue au Royaume-Uni ?

Pour l’opposition, les ONG et la gauche en général, elle incarne le diable en personne. Quand elle a été nommée ministre de l’Intérieur, le groupe militant Liberty a déclaré que Mme Patel avait « voté constamment contre la protection des droits de la personne » et qu’il était « extrêmement préoccupant » de la voir à ce poste.

Photo LEON NEAL, archives Agence France-Presse

La ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni, Priti Patel, en septembre 2020

Et pour la droite ?

La droite réactionnaire l’apprécie. Elle est contre le mariage gai et fut un temps en faveur de la peine de mort. Mais on l’a parfois accusée de harcèlement et de microagressions avec ses équipes. Il y a quelques années, elle a dû démissionner du gouvernement de Theresa May pour avoir tenu des rencontres secrètes avec des ministres et des lobbyistes israéliens, alors qu’elle était responsable du Développement international.

Elle est en revanche très appréciée de Boris Johnson, qui la couve depuis la campagne du Brexit et l’utilise en quelque sorte comme caution morale. « Il [Johnson] la voit comme un bon rempart contre les critiques, souligne Christopher Stafford. Parce que ses parents étaient des immigrants, on aime prétendre que les politiques soutenues par Priti Patel sont raisonnables. »

Politiques raisonnables ? Voilà qui nous ramène au Rwanda…

En effet, le dossier n’est pas clos. Priti Patel se dit déterminée à mener ce projet jusqu’au bout. « On ne nous empêchera pas de faire la bonne chose », a-t-elle déclaré cette semaine. Certains pensent toutefois que cette histoire l’a fragilisée. Et rien ne dit que BoJo, lui-même fragile en raison du scandale du Partygate, pourra la protéger éternellement, même s’il ne cesse d’affirmer le contraire (« I stick with Prit »).

« S’il part, elle part aussi, conclut M. Stafford. Dans tous les cas, il est peu probable qu’un prochain dirigeant voudra l’avoir dans son gouvernement… »

En savoir plus

  • Parents exclus
    Priti Patel a reconnu en 2020 dans une interview sur une radio britannique que ses parents n’auraient jamais pu émigrer au Royaume-Uni selon sa propre politique.

    Source : Agence France-Presse

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