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culture

quand Charles Trenet, Simone Signoret et d’autres vedettes du cinéma tournaient à Siest

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« Trois maisons groupées, quelques propriétés qui font des apartés dans la campagne environnante, une église-forteresse dont le clocher est une tour de guetteur et qui possède une singularité romane rare : un narthex. » Ce paysage, c’est celui de Siest, décrit dans l’hebdomadaire « Vedettes » en date du samedi 8 mai 1943. Dans le 126e numéro de cette revue, le reporter Roger Régent fait le récit de sa récente rencontre « avec l’honorable Léonard, dans la campagne dacquoise ».

Léonard, c’est Julien Carette, l’un des acteurs du film…

« Trois maisons groupées, quelques propriétés qui font des apartés dans la campagne environnante, une église-forteresse dont le clocher est une tour de guetteur et qui possède une singularité romane rare : un narthex. » Ce paysage, c’est celui de Siest, décrit dans l’hebdomadaire « Vedettes » en date du samedi 8 mai 1943. Dans le 126e numéro de cette revue, le reporter Roger Régent fait le récit de sa récente rencontre « avec l’honorable Léonard, dans la campagne dacquoise ».

Léonard, c’est Julien Carette, l’un des acteurs du film tourné entre la fin mars et le début avril 1943 dans cette commune « à 12 kilomètres de Dax ». Pierre Prévert est à la mise en scène ; son frère, Jacques, a écrit les dialogues de ce long-métrage d’une heure et quarante minutes, finalement intitulé « Adieu… Léonard ! ». La musique est signée, au générique, Georges Mousqué, le prête-nom du compositeur Joseph Kosma.

La France a perdu sa zone libre. Le 4 mars, un cinquantième convoi a déporté des juifs vers les camps d’extermination. « Nous avons voulu réaliser une chose drôle, un film amusant qui ne doive rien aux traditions théâtrales, ni aux situations de la comédie de boulevard », expliquera son producteur, André des Fontaines, avant la sortie du film, le 1er septembre. Entre fable sociale et conte politique cherchant à entretenir l’esprit du Front populaire, le « sujet tient en cinq lignes ou en 3 000 mètres de pellicule » selon le journaliste.

L’hebdomadaire « Vedettes », daté du 8 mai 1943, consacre une page au tournage du film des frères Prévert à Siest, village de l’agglomération de Dax.
L’hebdomadaire « Vedettes », daté du 8 mai 1943, consacre une page au tournage du film des frères Prévert à Siest, village de l’agglomération de Dax.

Reproduction « Sud Ouest » Cineressource.net

Pour ne pas avoir à répondre d’une tentative de cambriolage commis chez un marchand de biens, interprété par Pierre Brasseur, le personnage joué par Carette va devoir se débarrasser de son cousin, Ludovic. Ce dernier, c’est Charles Trenet. Le scénario lui a fait prendre pour gentilhommière un « petit château » où cet homme « si bon et si gentil » accueille des marginaux de toutes sortes.

Charles Trenet incarne Ludovic dans le film « Adieu… Léonard ! », celui qu’on cherche à abattre.
Charles Trenet incarne Ludovic dans le film « Adieu… Léonard ! », celui qu’on cherche à abattre.

Archives « Sud Ouest »

Envoyés spéciaux

« L’idée de choisir un coin de notre Chalosse » vient du décorateur Max Douy, à lire « La Petite Gironde » conservée aux Archives départementales des Landes. Envoyé spécial à Siest, pour « Ciné-Mondial », Pierre Leprohon a lui aussi assisté au tournage. Il en rend compte dans le 83e numéro de ce magazine, paru le vendredi 2 avril 1943. « Depuis huit jours, Dax est envahi par une troupe hétéroclite de Parisiens ayant pris pour l’occasion des aspects de bohémiens. Ils ont même leur roulotte, leurs chevaux et leur âne gris, tout cela amené à grand-peine ou recruté sur place comme les figurants nécessaires. »

« La Petite Gironde » a rendu compte de la venue de « 65 cinéastes » dans les Landes.
« La Petite Gironde » a rendu compte de la venue de « 65 cinéastes » dans les Landes.

Reproduction Archives départementales des Landes, Per Pl°100/200

La caverie de Lassale, propriété de Siest où les extérieurs du film sont tournés, est « au milieu des pins et des vignes ». Entre deux prises, il y voit Charles Trenet chantonner à mi-voix. « Simone Signoret, en bohémienne, semble rêver sur son destin, et la petite Jacqueline Bouvier court les taillis pour y découvrir, nous dira-t-elle plus tard, ’’une source adorable entre des rochers tapissés de mousse’’…»

« Les vedettes du film sont copieusement assiégées, dans les rues, par les Dacquoises ‘‘à l’œil noir’’, comme dit la chanson »

En ce printemps brun, « les vedettes du film sont copieusement assiégées, dans les rues, par les Dacquoises ‘‘à l’œil noir’’, comme dit la chanson », rapporte Roger Régent. Une fois la journée de tournage terminée, à Siest, l’équipe a coutume de passer ses soirées au comptoir du Bar basque.

Wagon-lit

La capacité hôtelière de la cité thermale, en ces temps d’occupation allemande, est en revanche insuffisante pour loger « les 65 cinéastes » de la troupe des frères Prévert. « Une seule solution s’offrait : louer à la SNCF un wagon-lit », raconte le reporter de « Vedettes ». Rangé sur une voie désaffectée de la gare de Dax, il abrite une trentaine de membres de l’équipe de tournage.

« Adieu… Léonard ! », fait partie des premières figurations de Simone Signoret, film dans lequel elle incarne une bohémienne.
« Adieu… Léonard ! », fait partie des premières figurations de Simone Signoret, film dans lequel elle incarne une bohémienne.

Archives « Sud Ouest »

La route qui conduit de Dax jusqu’à Siest est empruntée deux fois par jour. « Les filles et les garçons de Dax enfourchent le matin leur vélo, font les 12 kilomètres qui les séparent de Siest et se présentent à 9 heures devant l’appareil, dûment barbouillés de fond de teint. »

Lors de sa sortie, « Adieu… Léonard ! » a enthousiasmé une partie de la presse, tandis qu’une autre conseillait à Charles Trenet de s’en tenir à la musique. Pour une question de droits, aucune copie du film n’est accessible au grand public. Seule une étude critique de la cinémathèque François-Vinneuil permet de découvrir des scènes tournées à Siest.

Soixante-dix ans plus tard, acteurs et témoins du tournage ont rejoint un jardin qu’on souhaite extraordinaire. Gérard Lasserre était l’un d’eux. « Il m’avait raconté comment il en était venu à porter Simone Signoret sur le porte-bagage de son vélo », rappelle le maire du village landais, Jean-Louis Langouanère. « Mais il n’a pas participé au film. Il a été mobilisé à la veille du tournage. »



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les images de son arrivée au festival

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Arrivé en hélicoptère

Très attendu sur la Croisette, l’acteur-producteur de 59 ans, habitué des superproductions et grand amateur de cascades est arrivé en début d’après-midi… en hélicoptère.

Arrivée de Tom Cruise à Cannes, ce mercredi 18 mai.
Arrivée de Tom Cruise à Cannes, ce mercredi 18 mai.

VALERY HACHE/AFP

Montée des marches vers 18h45

Avant la projection de « Top Gun » et la fameuse montée des marches, programmée à 18h45 au Palais des festivals, l’acteur était attendu entre 16h et à 18h à une rencontre masterclass où il doit répondre à des questions du journaliste Didier Allouch, devant des invités sur le volet. Fan de l’acteur, l’astronaute Thomas Pesquet est également attendu lors de la montée des marches.



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l’ombre de la guerre en Ukraine plane sur le festival

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Pas d’officiels russes

La séquence rejoindra sans doute les images qui ont marqué l’histoire du festival. Elle confirme, de manière spectaculaire, que les organisateurs n’entendent pas « faire comme si », laisser la guerre en Ukraine de côté. Au contraire, il en est beaucoup question en ce début de festival. Durant la traditionnelle conférence de presse du jury, mardi après-midi, Vincent Lindon avait indiqué que la gravité des circonstances obligerait le jury à se montrer « droit et digne », tout en rappelant aussi l’importance d’un cinéma tourné vers le divertissement et l’imaginaire. Il a plus explicitement salué, dans son discours de la cérémonie d’ouverture, « l’Ukraine héroïque et martyrisé ».

Et le festival a choisi d’ouvrir la compétition, ce mercredi, avec « La femme de Tchaïkovski », de Kirill Serebrennikov, opposant russe au régime poutinien. Sélectionné à trois reprises, ce cinéaste, aujourd’hui installé à Berlin, peut pour la première fois monter les marches – l’an dernier, il était assigné à résidence par les autorités russes.

Le festival a par ailleurs programmé (toutefois pas en compétition) les films des Ukrainiens Sergei Loznitsa ou Maksim Nakonechnyi, ainsi que la dernière production du réalisateur lituanien Mantas Kvedaravicius, tué début avril, « Mariupolis 2 » , tout en bannissant les délégations officielles russes.



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Tom Cruise très attendu, Thomas Pesquet sera sur les marches pour l’applaudir

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Bientôt un film de Tom Cruise dans l’espace ?

Les deux hommes échangeront-ils à propos des vols spatiaux ? L’acteur américain de 59 ans doit se rendre prochainement dans l’espace, à bord de l’ISS, pour les besoins d’un film chapeauté par Doug Liman, qui a notamment réalisé « Mr. et Mrs. Smith » et « Edge of Tomorrow ». La star de « Mission Impossible » aura le droit à sa propre capsule en orbite, son propre module nommé SEE_1, qui sera lancé en septembre 2024. Des doutes subsistent encore sur le tournage de ce film, en raison du contexte de la guerre en Ukraine.

Avec la Patrouille de France, “il a inspiré une génération de pilotes”

Attendu à Cannes, Tom Cruise n’est en tous cas plus très loin puisqu’il était à moins de 200 kilomètres de là mardi. Le pilote mythique de « Top Gun » rencontrait tout sourire, la Patrouille de France sur la base aérienne 701 Salon-de-Provence, située dans les Bouches-du-Rhône. « Il a inspiré tout une génération de pilotes », écrivait dans un tweet le compte officiel de l’escadron acrobatique officiel de l’Armée de l’Air et de l’Espace français, créé en 1953.



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