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L’amnistie des manifestants de la révolte sociale embarrasse le gouvernement chilien

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Il s’agit d’« un engagement, une priorité ». La ministre chilienne de la justice, Marcela Rios, a de nouveau transmis la parole officielle, dans un entretien au journal El Mercurio, le 8 mai, alors qu’une initiative parlementaire sur l’amnistie des personnes détenues à la suite de la répression de la révolte sociale de 2019 est au point mort.

Dès les premiers jours du mandat du président Gabriel Boric (gauche), investi le 11 mars, le ministre chargé des relations avec le Parlement, Giorgio Jackson, annonçait pourtant « l’urgence » de discuter du texte présenté pour la première fois en décembre 2020, afin de « guérir certaines cicatrices laissées par la révolte dans la société ». Preuve de la gêne que représentait déjà le dossier dans la campagne présidentielle, Gabriel Boric, alors candidat, tâchait de rassurer les électeurs frileux en novembre 2021 : « On ne peut pas gracier une personne qui a brûlé une église ou une petite ou moyenne entreprise, qui a pillé un supermarché. » L’attention serait alors donnée, assurait-il, aux cas présentant « un abus grave de la part de l’Etat ».

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Sérieuse épine dans le pied du gouvernement, le sort des prisonniers de la révolte sociale est directement lié à sa marche vers le pouvoir : le mouvement historique contre les inégalités d’octobre 2019 portait les demandes de justice sociale reprises par la coalition électorale de gauche de Gabriel Boric. C’est aussi cette révolte qui a débouché sur l’écriture d’une nouvelle Constitution, reflétant les principes d’un Etat solidaire défendus par l’actuel gouvernement – le texte sera soumis à référendum au mois de septembre.

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« Usage excessif de la force »

Si des débordements, du fait de certains manifestants hostiles, ont en partie entaché les rassemblements, en 2019, c’est « l’usage excessif de la force » de la part de la police qui est dénoncé par l’ONU. Une trentaine de personnes ont perdu la vie lors des manifestations et plus de 400 ont été blessées aux yeux. Le recours « disproportionné à la prison préventive » est alors dénoncé par Amnesty International.

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Le concept même de « prisonnier politique » ne fait cependant pas consensus. L’opposition de droite, au pouvoir à l’époque de la révolte, rejette cette définition : « Le prisonnier politique n’existe pas au Chili, car personne n’est privé de liberté en raison de ce qu’il pense », argumente au mois de novembre 2021 le ministre de l’intérieur, Rodrigo Delgado. « Offrir une grâce générale n’est pas nécessaire, c’est une grave erreur », avait estimé quelques mois plus tôt, en mai, José Miguel Vivanco, directeur de la section Amériques de Human Rights Watch.

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Au Mexique, les cartels de la drogue menacent les joyaux du tourisme de la Riviera maya

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Leurs fusils-mitrailleurs et leurs gilets pare-balles détonnent sur la plage de sable fin de Playa del Carmen, dans le sud-est du Mexique. Les policiers et les militaires, qui zigzaguent entre les serviettes de bain, ne semblent pourtant pas perturber les milliers de vacanciers se dorant au soleil. A quelques mètres de là, un couple de Canadiens a été assassiné, mardi 21 juin, dans une des résidences de cet ancien village de pêcheurs devenu une ville de plus de 330 000 habitants. Un mois plus tôt, une attaque mafieuse faisait trois blessés dans un bar branché. Les derniers épisodes sanguinaires d’une série de violences qui menace un pilier de l’économie mexicaine, attisant les convoitises des cartels de la drogue.

L’ambiance s’électrise dans la touffeur de la nuit, au bord de la mer des Caraïbes. Des milliers de jeunes déambulent sur la Quinta Avenida (Ve Avenue), principale artère piétonne de la ville, joyau économique de l’Etat de Quintana Roo au côté des célèbres stations balnéaires de Cancun, dans le Nord, et de Tulum, dans le Sud. La zone touristique de 130 kilomètres de long a accueilli 13 millions de vacanciers en 2021. Avec ses 120 000 chambres d’hôtel, la région concentre près de la moitié des revenus d’un secteur qui représente plus de 7 % du produit intérieur brut mexicain.

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Sur la terrasse de la brasserie Cerveceria Chapultepec, des dizaines de fêtards engloutissent des bières artisanales. Ils semblent loin de se douter que, dimanche 22 mai, des hommes armés y ont ouvert le feu, blessant trois Mexicains, dont une fillette de 7 ans éraflée à la tête. La brasserie a vite rouvert ses portes, business oblige. Violence gratuite ? Règlement de comptes ? « Ici, on préfère ne pas trop répondre aux journalistes », confie le gérant d’un bar voisin, qui rappelle que, cette fois, « il n’y a eu que des blessés légers ». D’autres n’ont pas eu cette chance. Des tirs en rafales ont fait un mort et six blessés, le 6 mai, à 55 kilomètres de là, dans un bar de Cancun.

Mi-mars, des touristes ont découvert des restes humains sur une plage de cette ville de près de 1 million d’habitants, qui accueille un aéroport international. Deux jours plus tôt, à Playa del Carmen, un entrepreneur britannique était abattu, au volant de sa voiture, par deux assaillants à moto. L’omerta règne aussi chez les employés du club de plage Mamita’s Beach Club, planté à 400 mètres de la Quinta Avenida. En janvier, son gérant argentin a été criblé de balles dans les toilettes de l’établissement à l’architecture épurée. Aujourd’hui, ses clients huppés y dégustent des cocktails colorés, comme si de rien n’était, sous de larges parasols blancs.

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fin de l’état d’urgence, le Parlement débat d’une procédure de destitution du président

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Les députés équatoriens ont commencé à débattre samedi 25 juin d’une procédure déposée par l’opposition pour destituer le président conservateur Guillermo Lasso, qui a mis fin le soir même à l’état d’urgence décrété il y a une semaine pour tenter de circonscrire les manifestations indigènes contre le coût de la vie. A la demande de députés soutenant l’ancien président socialiste Rafael Correa (2007-2017), le Parlement monocaméral a commencé à se réunir peu après 18 heures locales et de façon virtuelle.

« 135 (des 137) membres de l’Assemblée » participent à cette session, a indiqué le Parlement sur son compte Twitter. Ils discutent de la destitution de Lasso en raison d’une « grave crise politique et d’une agitation interne » dans le pays. L’opposition, majoritaire mais divisée au sein de l’Assemblée, rend le président responsable de la « grave crise politique » qui secoue le pays depuis le 13 juin, avec des manifestations et blocages de rue quotidiens.

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Au pouvoir depuis un an, ce dernier pourra s’exprimer devant les députés, même s’il n’a pas été précisé sous quelle forme, le chef de l’Etat ayant été récemment diagnostiqué positif au Covid-19. Après les débats, les députés auront 72 heures pour voter. Une majorité de 92 voix sur 137 est nécessaire pour que la procédure de destitution soit adoptée.

Fin d’une semaine d’état d’urgence

Samedi soir, le président Lasso a mis fin à l’état d’urgence déclaré il y a huit jours dans six des 24 provinces du pays, les plus touchées par les manifestations, selon un nouveau décret publié par le bureau du président. Ce couvre-feu prévoyait la mobilisation de l’armée et un couvre-feu nocturne de sept heures pour trois provinces, notamment Pichincha, dont la capitale est Quito. Près de 14 000 manifestants indigènes sont mobilisés dans tout le pays pour protester contre la hausse du coût de la vie et exiger notamment une baisse des prix des carburants, d’après la police, qui estime leur nombre à près de 10 000 dans la capitale.

Ces débats s’ouvrent le jour même d’une première tentative de dialogue entre leaders du mouvement indigène et plusieurs ministres du gouvernement, sous les auspices du président du Parlement Virgilio Saquicela. « Nous avons demandé l’ouverture d’un dialogue. (…) Ce dialogue a commencé, il n’y a pas eu d’engagement quelconque, mais simplement la décision de la Conaie (organisation fer de lance des manifestations) de consulter sa base pour désigner une commission pour entamer ce dialogue », a expliqué M. Saquicela à la presse, jugeant que « le gouvernement s’est montré ouvert ».

Six morts et des dizaines de blessés

Vendredi, le président Lasso, qui a reçu récemment le soutien de l’armée, a accusé les manifestants de vouloir « perpétrer un coup d’Etat ». Les violences ont fait six morts et des dizaines de blessés. Quito est en grande partie paralysée et ses accès bloqués par de nombreux barrages routiers. Les manifestants ont tenté à deux reprises, jeudi et vendredi, de pénétrer dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, d’où ils ont été repoussés par les forces de l’ordre.

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Samedi matin, des centaines de femmes indigènes ont organisé un rituel traditionnel dans le nord de Quito, avant de défiler avec des slogans hostiles au gouvernement. « Le panier alimentaire de base est très cher et nos produits agricoles (…) ne valent rien », a expliqué Miguel Taday, 39 ans, producteur de pommes de terre à Chimborazo (sud). « Nous continuerons à nous battre ici, jusqu’aux dernières conséquences », a déclaré Wilmer Umajinga, 35 ans, qui manifeste dans la capitale depuis lundi.

A Quito, des habitants font part de leur lassitude face aux magasins fermés et aux pénuries de certains produits. Des contre-manifestations ont été organisées aux cris de « Iza (leader des manifestants), dehors ! ».

Le Monde avec AFP

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Repsol « principal responsable » de la marée noire de janvier, selon un rapport parlementaire

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« Un crime écologique » et un « attentat contre l’humanité ». C’est par ces mots que s’ouvrent les conclusions du rapport de la commission parlementaire chargée d’enquêter sur les causes de la marée noire survenue le 15 janvier dernier au terminal portuaire de Ventanilla sur la côte Pacifique, à une trentaine de kilomètres au nord de Lima, la capitale.

Après trois mois d’enquête, le rapport de plus de 300 pages a été rendu le 16 juin, mais les premières feuilles commencent tout juste d’être dévoilées dans la presse. Il désigne le groupe espagnol Repsol comme étant le « principal responsable » de la catastrophe environnementale qui a entraîné la pollution de plus 11 000 hectares de zones maritimes et littorales.

Les conclusions du rapport sont accablantes pour l’entreprise ; elles balaient la thèse du groupe espagnol qui affirmait que la fuite de pétrole avait été causée par une « houle anormale », elle-même provoquée par l’éruption volcanique survenue quelques heures plus tôt aux îles Tonga, à l’autre bout du Pacifique, soutenant que les vagues avaient déstabilisé le tanker Mare Doricum lors d’une opération de déchargement de pétrole, à 18 mètres de profondeur. Une version démentie, donc : les vagues n’ont « pas dépassé 1 mètre de haut » cette nuit-là, révèle le rapport, précisant que les opérations de déchargement peuvent par ailleurs tout à fait se réaliser avec des vagues atteignant jusqu’à 2 mètres. En revanche, parmi les causes de la fuite de pétrole, le rapport pointe « la pression excessive lors du déchargement de brut ».

Des milliers d’animaux morts

Le 15 janvier, la rupture d’un câble avait laissé échapper douze mille barils de pétrole, polluant durablement deux réserves naturelles protégées, entraînant la mort de milliers d’animaux, – dont certains en voie d’extinction comme le pingouin de Humbolt et la loutre marine – et laissant sept mille pêcheurs artisanaux et commerçants sans travail. « Le désastre écologique le plus grave sur les côtes péruviennes », affirme le document.

Repsol est non seulement accusé de négligence du fait de ses « mauvaises pratiques de déchargement » et de son « manque de maintenance des installations », mais l’entreprise est visée pour n’avoir pas réagi de manière efficace et rapide pour tenter de contenir la marée noire, causant des dégâts supplémentaires sur l’écosystème, dégâts qui auraient pu être évités. Le rapport dénonce notamment les « fausses informations » diffusées par le groupe, constituant autant de « conduites aggravantes au présumé délit de pollution environnementale ». Le soir du désastre, l’entreprise avait rapidement sorti un communiqué indiquant que la fuite était « limitée », avec seulement 0,16 baril de brut échappé, et assurait que l’épisode était « sous contrôle ».

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